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Qu’est-ce qui change dans les gammes de gel et comment adapter votre catalogue ?
Les formules bougent, certaines substances sont réservées à l’usage professionnel, d’autres sortent purement des produits cosmétiques, et les clientes arrivent en consultation avec des questions sur l’allergie. Voici ce qui évolue réellement dans le métier et la manière d’y préparer votre poste, votre catalogue et vos fiches.
Article du Dossier de pose, le magazine d’Onglivia pour les prothésistes ongulaires installées seules ou en petit nail bar. Le sommaire complet est rassemblé dans les neuf articles du Dossier de pose.
Trois mouvements de fond touchent vos gammes en même temps. Le statut de certaines substances évolue, jusqu’à la sortie pure et simple des produits cosmétiques. Les fabricants reformulent sans changer le nom commercial, ce qui déplace vos temps de catalysation et le comportement à la dépose. Et vos clientes arrivent avec des questions précises sur la composition et sur l’allergie.
L’adaptation ne consiste pas à changer de gamme. Elle consiste à faire dire à votre catalogue produits ce qu’il ne dit pas encore : quelle référence, quelle version, quel lot, et depuis quand elle est en service à votre poste.
| Ce qui bouge | Comment vous le repérez | Ce que vous faites au poste |
|---|---|---|
| Statut d’une substance | Mention d’avertissement ou réservation à l’usage professionnel sur l’étiquetage | Vous relevez la mention dans votre catalogue et vous appliquez les conditions d’emploi |
| Interdiction d’une substance | Information du fournisseur, liste des ingrédients de la référence | Vous sortez la référence du service et vous datez ce retrait |
| Reformulation silencieuse | Numéro de lot différent, comportement du produit modifié | Vous testez avant la première cliente et vous notez les nouveaux réglages |
| Questions des clientes | Demandes sur la composition, sur l’allergie, sur l’amincissement | Vous répondez sur ce que vous employez, vous orientez dès qu’il s’agit de la peau |
| Usage des photographies | Publication en ligne d’images prises pour le suivi | Vous séparez l’image de dossier de l’image de communication |
Des substances qui sortent des formules ou changent de statut
Le règlement européen sur les produits cosmétiques fonctionne par annexes. L’annexe II liste les substances interdites dans les produits cosmétiques. L’annexe III liste celles qui restent autorisées mais sous conditions : concentration maximale, champ d’application, mentions obligatoires sur l’emballage.
Une substance ne disparaît donc pas par décision d’un fabricant. Elle change d’annexe, et tous les produits qui la contiennent suivent.
Restriction à l’usage professionnel et mentions d’avertissement
Le cas le plus connu du métier est celui de l’HEMA et du di HEMA TMHDI, monomères présents dans de nombreux systèmes d’ongles artificiels. Ils restent autorisés, mais réservés à l’usage professionnel, avec une mise en garde sur le risque de réaction allergique.
La conséquence est directe. Un produit réservé à l’usage professionnel ne se revend pas à une cliente pour un dépannage à la maison, et vous l’employez selon son étiquetage, sans contact avec la peau péri unguéale.
Reportez cette mention dans votre catalogue, à côté de la référence. Le jour où une cliente vous interroge, vous lisez votre propre fiche au lieu de chercher une boîte jetée depuis longtemps.
Interdictions qui obligent à retirer des références du poste
Quand une substance bascule vers les substances interdites, par exemple à la suite d’une classification cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction, les produits qui en contiennent ne peuvent plus être mis à disposition. C’est ce qui est arrivé à un photoinitiateur employé dans certains gels, l’oxyde de trimethylbenzoyl diphenylphosphine, connu sous le sigle TPO.
Une référence concernée ne se termine pas parce qu’elle est payée. Elle sort du service.
- Identifiez les références concernées par leur liste d’ingrédients, pas par leur nom commercial.
- Retirez les flacons du poste et éliminez les selon les consignes du fournisseur.
- Datez le retrait dans votre catalogue et conservez la fiche de la référence, sans la supprimer.
- Vérifiez auprès de votre fournisseur si la nouvelle version porte le même nom commercial.
Conserver la fiche est essentiel : une cliente peut revenir des mois plus tard avec une pose réalisée quand la référence était encore en service. Ces contrôles relèvent de la répression des fraudes, sur le portail du ministère de l’économie, qui présente le contrôle des produits cosmétiques.
Ce que la reformulation change à votre poste
C’est le changement le plus fréquent et le moins annoncé. Même étiquette, même nom, même couleur, et le produit ne se comporte plus pareil.
Nouveaux temps de catalysation et compatibilité des lampes
Une reformulation touche souvent le système de photoinitiateurs, donc les longueurs d’onde auxquelles le produit réagit. Le temps indiqué par le fabricant peut changer, et la lampe UV LED qui convenait à l’ancienne version peut ne plus être celle recommandée.
Ne reconduisez jamais un temps par habitude. Reprenez la notice de la nouvelle version, testez sur un chablon ou une capsule avant la première cliente, et vérifiez la polymérisation en profondeur.
Une sous polymérisation ne se voit pas tout de suite : échauffement à la pose, décollement précoce, et surtout monomère non polymérisé au contact de l’ongle et de la peau. La prévention du risque chimique au poste, ventilation, aspiration à la source et protection des mains, est documentée par l’INRS, institut national de recherche et de sécurité.
Tenue différente au remplissage et sur la dépose
Une version reformulée peut être plus dure, plus souple, plus ou moins soluble. Vous le découvrez rarement à la pose, mais trois semaines plus tard, au remplissage ou à la première dépose.
Notez vos premières déposes sur la nouvelle version : durée, méthode, quantité de ponçage nécessaire. Une dépose qui s’allonge signifie plus de limage, donc plus de risque pour la plaque ongulaire, et c’est le genre de dérive qui se mesure sur trois clientes et se corrige immédiatement.
Le seul marqueur fiable d’un changement de version reste le numéro de lot, puisque le nom commercial, lui, ne bouge pas. La méthode pour noter le numéro de lot de chaque gel posé sur une cliente est ce qui rend cette comparaison possible.
Des clientes mieux informées, et plus inquiètes
Elles lisent, elles comparent, elles ont vu passer des publications sur les substances retirées. Ce n’est pas de la défiance envers vous, c’est un niveau d’information nouveau.
Les questions qui reviennent sur l’allergie et l’amincissement
Trois questions dominent : ce produit contient il telle substance, la pose abîme t elle l’ongle naturel, pourquoi ses ongles sont ils fins après une dépose. Certaines demandent la liste des ingrédients.
La demande est légitime et facile à satisfaire : la liste figure sur l’emballage. Gardez les emballages ou photographiez les avant de les jeter.
Répondre en technicienne sans jamais poser de diagnostic
Vous pouvez dire ce que vous employez, sa liste d’ingrédients, ses mises en garde, votre protocole et vos temps de catalysation. Vous pouvez décrire ce que vous constatez : une rougeur du repli, un décollement sur deux ongles, une sensibilité au ponçage.
Vous ne pouvez pas dire que ce n’est pas une allergie, ni qu’il s’agit d’une simple irritation. Dès que la peau est concernée, vous orientez vers un médecin, et vous consignez le signalement dans la fiche de la cliente avec le lot en service ce jour là.
Un effet indésirable lié à un produit cosmétique peut par ailleurs être déclaré dans le cadre de la cosmétovigilance, dispositif suivi par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Le fabricant, lui, est tenu de rassembler ces signalements.
La photographie devient une pièce du dossier
Les mains posées sur un fond clair remplissent les publications du métier. Cet usage massif a une conséquence peu anticipée : la photo de communication et la photo de dossier ne sont pas la même image.
Cadrage constant, images comparables, consentement séparé
Une photo faite pour être publiée cherche la belle lumière, l’angle flatteur, parfois le filtre. Une photo faite pour le dossier cherche l’inverse : même distance, même cadrage, même éclairage, d’une visite à l’autre, pour que deux images se comparent.
Le consentement se sépare de la même façon. L’accord donné pour la prestation ne vaut pas accord de publication. Recueillez les séparément, par écrit, avec une finalité et une durée.
Ce que le droit à l’image change pour les publications
Une main est identifiable : une bague, un tatouage, une cicatrice suffisent. Une cliente peut retirer son accord de publication à tout moment, et l’image sort alors de vos supports.
Ce retrait ne touche pas vos images de suivi, dont la finalité est différente et qui restent dans le dossier. Les fautes de traçabilité qui transforment un décollement en accusation d’allergie commencent souvent par cette confusion entre les deux usages.
Le suivi produit devient un argument commercial
Une cliente sensibilisée aux questions de composition ne cherche pas la technicienne la moins chère. Elle cherche celle qui sait répondre.
Pouvoir dire sans hésiter quelle base a été posée sur elle, sous quelle lampe, combien de temps par couche, et depuis quand ce flacon est en service, vous distingue immédiatement. Ce n’est pas un argument technique, c’est un argument de sérieux.
Présentez le simplement, au premier rendez vous, en une phrase : vous notez ce que vous posez sur elle, pour qu’en cas de gêne un jour, on sache exactement de quoi il s’agit. Jamais sur le mode de la précaution défensive, qui inquiète au lieu de rassurer.
Ce que vous pouvez mettre en place dès cette semaine
Aucune de ces actions ne demande de changer de gamme ni d’acheter du matériel.
Trois actions de traçabilité applicables sans changer de gamme
- Étiquetez chaque flacon en service avec sa référence, son numéro de lot et sa date d’ouverture.
- Fixez un cadrage photo unique, une distance et un fond, et tenez le pour toutes vos clientes.
- Écrivez votre règle de reprise en trois lignes et affichez la là où vos prix sont affichés.
Une revue trimestrielle du catalogue produits
Quatre fois par an, reprenez vos références et posez trois questions par ligne : est elle toujours commandée, sa version a t elle changé, ses documents fournisseur sont ils à jour.
Une revue trimestrielle prend une petite heure et vous évite de découvrir un changement de formule en pleine série de décollements. Avant d’ajouter une gamme à cette liste, la liste des vérifications à faire avant d’introduire une nouvelle gamme de gel évite les mauvaises surprises.
Ce qui change dans les gammes ne se joue pas au niveau des tendances de couleur, mais au niveau du statut des substances et des versions successives d’un même produit. Votre catalogue doit suivre ces versions, votre poste doit être retesté à chaque reformulation, et vos photographies doivent séparer le dossier de la vitrine.
Onglivia tient votre catalogue produits avec les références, les fournisseurs, les numéros de lot et les documents associés, rattache chaque pose au lot employé et signale quand plusieurs clientes décrivent le même symptôme sur une même référence. Pour voir ce suivi appliqué à vos gammes actuelles, demandez une démonstration ou un devis depuis la page de contact d’Onglivia.
Regardons votre carnet de poses, vos gammes et vos lots
Dites nous combien de clientes vous recevez par semaine, quelles marques de gel et de vernis semi permanent vous utilisez et ce qui vous a fait chercher une méthode de traçabilité. La démonstration reprend l’une de vos poses réelles, ouvre la fiche ongle devant vous et montre ce qui en sortirait le jour d’une contestation.
Demander une démonstration d’Onglivia
Jimenez Julien
Auteur du Dossier de pose
Jimenez Julien a passé plusieurs mois auprès de prothésistes ongulaires indépendantes, à regarder ce qui se note pendant une pose et ce qu’il en reste trois mois plus tard, quand une cliente revient avec un décollement et une question. Il écrit chaque article de ce magazine à partir des textes français et européens applicables aux produits cosmétiques, et des situations rapportées par des techniciennes qui travaillent seules à leur table de pose.
Le parcours de Jimenez Julien et ce qu’il a relevé sur les tables de pose