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Publié le Mis à jour le 11 minutes de lecture

Que vérifier avant d’introduire une nouvelle gamme de gel sur votre table de pose ?

Changer de gamme est le moment où le risque se concentre : formule différente, temps de catalysation différent, lampe parfois inadaptée, et des dizaines de clientes exposées en quelques semaines. Voici la liste des contrôles à passer avant la première pose, puis pendant le premier mois de suivi rapproché.

Article du Dossier de pose, le magazine d’Onglivia pour les prothésistes ongulaires installées seules ou en petit nail bar. Le sommaire complet est rassemblé dans les neuf articles du Dossier de pose.

Mains d’une prothésiste déballant des flacons neufs d’une caisse en carton posée sur un plan de travail clair

Cinq contrôles suffisent, et ils se font dans cet ordre. Obtenir par écrit du fournisseur l’étiquetage complet et les temps de catalysation. Vérifier que votre lampe correspond à ce que la formule attend. Relever les lots à la réception, avant d’ouvrir quoi que ce soit. Poser d’abord sur vous même puis sur deux ou trois clientes témoins. Suivre cette première série pendant un cycle complet, avec une règle d’arrêt fixée à l’avance.

L’ordre compte, parce qu’une gamme se déploie vite: en trois semaines, elle est passée sur trente paires de mains. Un problème découvert à ce moment là ne concerne plus une pose mais trente. Voici chaque étape en détail, puis la liste à garder près du poste.

Avant la commande : ce que vous demandez au fournisseur

Tout se demande par écrit et se conserve. Une réponse orale au téléphone ne vous servira à rien dans six mois, et un fournisseur sérieux répond volontiers.

Étiquetage complet, mentions d’usage professionnel et mises en garde

Demandez une photographie lisible de l’étiquette d’un flacon, recto et verso, avant l’achat. L’article 19 du règlement cosmétique européen énumère les mentions qui doivent y figurer, dont la personne responsable, la liste des ingrédients, le numéro de lot et les précautions d’emploi.

Regardez ensuite les mises en garde. Certaines substances employées en ongulaire ne sont autorisées qu’en usage professionnel et portent alors des mentions d’avertissement obligatoires, listées aux annexes du règlement. Un produit de ce type vendu au grand public en dit long sur le sérieux du circuit.

La répartition des responsabilités entre le fabricant, le distributeur et vous est détaillée dans ce que le règlement cosmétique impose réellement à la technicienne qui pose.

Compatibilité annoncée avec votre lampe et temps de catalysation

C’est le point le plus négligé et le plus coûteux. Une formule est conçue pour durcir sous une plage de longueurs d’onde précise. Une lampe qui n’émet pas ce qu’attend le photoinitiateur laisse une couche insuffisamment polymérisée sous une surface qui paraît sèche.

Les conséquences se lisent sur vos clientes: décollements précoces, échauffement pendant la catalysation, contact prolongé avec de la matière non durcie, ce qu’il faut précisément éviter sur la peau du pourtour.

Posez trois questions et gardez les réponses. Quelle lampe le fabricant recommande, avec quelle puissance. Quel temps de catalysation par couche et pour quelle épaisseur. Ce qui est prévu pour les couleurs couvrantes.

Si la réponse est floue, du type toutes lampes, considérez que rien n’est garanti. Vous vous exposez à un défaut que vous attribuerez ensuite à votre geste.

À la réception : contrôler puis enregistrer

Une gamme arrive rarement seule: apprêt, base, plusieurs gels de construction, couleurs, top coat, parfois un nettoyant dédié. Beaucoup de références nouvelles en une livraison, et c’est là que l’information se perd.

Relever les numéros de lot avant de jeter les emballages

Ouvrez le colis devant votre casier, jamais entre deux rendez vous. Le numéro de lot figure souvent sur l’étui ou le suremballage, qui part avec le carton, et il ne se retrouve plus une fois le flacon en service.

Notez le pour chaque flacon, y compris l’apprêt et le nettoyant, que l’on oublie toujours. Le geste de relevé et d’étiquetage est décrit dans la méthode de traçabilité des lots de gel pose par pose.

Vérifiez au passage le colis: référence, quantité, aspect des flacons, absence de coulure ou de bouchon forcé. Une anomalie signalée le jour même se règle, la même signalée trois semaines plus tard ne se règle plus.

Inscrire la date d’ouverture et ranger la documentation reçue

La nouvelle gamme ne remplace pas l’ancienne du jour au lendemain. Pendant plusieurs semaines, les deux cohabitent sur votre table, et c’est la source de confusion la plus banale.

Séparez physiquement les deux séries dans le casier, et marquez la nouvelle d’un repère visuel. Un godet de travail, un pinceau ou un contenant intermédiaire ne passe jamais d’une gamme à l’autre sans nettoyage complet.

Classez enfin ce que le fournisseur a transmis: fiche technique, protocole d’application, correspondance sur la lampe, éventuelle fiche de données de sécurité. Dans un dossier au nom de la gamme, pas dans une boîte de réception.

Avant la première cliente : essais et rendez vous témoin

Aucune gamme ne se découvre sur une cliente qui a pris rendez vous et payé. Le rodage se fait avant, sur vous et sur un petit groupe choisi.

L’essai sur vous même et sur une main d’entraînement

Commencez par une main d’entraînement, hors contexte: fluidité, autonivelant ou non, temps de travail avant catalysation, adhérence sur chablon comme sur capsule.

Posez ensuite sur vos propres ongles, une main complète, et vivez la gamme pendant trois semaines. Vous serez la première à sentir un décollement en zone de stress ou une finition qui ternit plus vite que l’ancienne.

Notez ces essais comme une pose de cliente. Ce sont vos premières données, et les seules dont vous maîtrisez entièrement les conditions.

Choisir deux ou trois clientes régulières pour la première série

Les bonnes candidates ont trois traits: vous les suivez depuis longtemps, leur historique est documenté, elles n’ont jamais signalé de sensibilité. Une cliente nouvelle, une cliente venue avec une pose faite ailleurs ou une cliente au terrain sensible ne conviennent pas.

Sur ces premières poses, consignez plus que d’habitude: temps de catalysation réellement appliqué, épaisseur, ressenti de la cliente, heure de fin de séance. Une sensation de chaleur signalée sur le moment est une donnée, pas une anecdote.

Ce que vous dites à la cliente au moment du changement

Le silence est une mauvaise stratégie. Une cliente qui apprend après coup le changement se demandera ce que vous ne lui dites pas d’autre.

Annoncer le changement de produit sans inquiéter

Une phrase suffit, dite au fauteuil, sur le ton de l’information technique. Vous travaillez aujourd’hui avec une nouvelle gamme, vous l’avez testée sur vous, et vous le notez dans sa fiche pour savoir ce qui a été posé si quelque chose ne lui convenait pas.

Formulée ainsi, l’information rassure au lieu d’inquiéter, parce qu’elle montre que le suivi existe. Évitez en revanche les superlatifs commerciaux: une gamme présentée comme meilleure crée une attente que le premier décollement viendra démentir.

Recueillir les antécédents de réaction déclarés

Profitez de ce changement pour poser la question à toutes vos clientes, une fois, et pour l’inscrire. Avez vous déjà eu une réaction, une rougeur, des démangeaisons autour des ongles, avec un vernis, un gel, une colle à faux cils ou une résine.

Vous notez sa réponse telle qu’elle vous la donne, sans la traduire et sans l’interpréter. Vous n’êtes pas là pour dire s’il s’agissait d’une allergie, mais pour savoir qu’un antécédent a été déclaré, à quelle date, et par qui.

Les quatre premières semaines de suivi rapproché

Le cycle de remplissage est votre unité de mesure. Tant que la première série n’est pas revenue devant vous, vous ne savez rien de la tenue réelle de la gamme.

Ce que vous regardez au premier remplissage

  • La tenue globale à trois semaines, comparée à celle de la même cliente avec l’ancienne gamme.
  • La localisation des décollements: zone de cuticule, bords latéraux, zone de stress, extrémité libre.
  • L’aspect de la finition: brillance conservée, jaunissement, marquage aux produits ménagers.
  • L’état du pourtour: rougeur, sécheresse ou sensibilité signalée par la cliente.
  • La facilité de dépose ou de repose, souvent très différente d’une gamme à l’autre.

Comparez toujours sur les mêmes personnes. Une comparaison entre deux clientes différentes ne vaut rien, une comparaison entre deux cycles de la même cliente vaut beaucoup.

Le seuil à partir duquel vous stoppez la gamme

Fixez cette règle avant de commencer, quand vous êtes encore neutre. Une fois la gamme achetée et les clientes conquises, vous trouverez mille raisons de continuer.

La règle raisonnable est celle de la coïncidence: un même symptôme signalé par plusieurs clientes différentes de la série, sur la même référence, impose de suspendre cette référence et d’interroger le fournisseur sur le lot concerné, par écrit.

Suspendre n’est pas jeter. Vous mettez les flacons de côté, identifiés, sans les vider ni les nettoyer: ce sont les pièces dont vous aurez besoin si la discussion se poursuit.

La checklist complète à imprimer et à cocher

  1. Demander par écrit l’étiquetage complet, recto et verso, avant l’achat.
  2. Vérifier les mentions d’usage professionnel et les mises en garde portées sur l’étiquette.
  3. Obtenir par écrit la lampe recommandée et le temps de catalysation par couche.
  4. Demander ce qui est prévu pour les couleurs couvrantes et pour les fortes épaisseurs.
  5. Ouvrir le colis devant le casier et relever tous les numéros de lot avant de jeter les emballages.
  6. Contrôler la conformité de la livraison et signaler toute anomalie le jour même.
  7. Séparer la nouvelle gamme de l’ancienne dans le casier et nettoyer godets et pinceaux entre les deux.
  8. Classer fiches techniques, protocoles et échanges avec le fournisseur dans un dossier au nom de la gamme.
  9. Tester sur main d’entraînement, puis sur vos propres ongles pendant trois semaines.
  10. Choisir deux ou trois clientes régulières, sans antécédent déclaré, pour la première série.
  11. Annoncer le changement au fauteuil et l’inscrire dans la fiche de la visite.
  12. Recueillir et noter les antécédents de réaction déclarés, sans les interpréter.
  13. Au premier remplissage, comparer tenue, décollements et finition sur les mêmes personnes.
  14. Suspendre la référence dès qu’un même symptôme revient chez plusieurs clientes de la série.
  15. Conserver les flacons concernés, identifiés et non nettoyés, en cas de suite.

Cette liste vaut aussi quand un fournisseur reformule un produit que vous employez depuis des années. Ces reformulations et leur incidence sur votre carte de prestations sont traitées dans ce qui change dans les gammes de gel et la façon d’adapter son catalogue.

Introduire une gamme n’est pas un achat, c’est un déploiement. Documents demandés avant la commande, lots relevés à la réception, série témoin, premier remplissage observé de près: quelques minutes par étape. Le seul moment coûteux est celui où l’on saute ces minutes.

Onglivia enregistre chaque référence avec son fournisseur, son lot et sa date d’ouverture, relie ces produits aux poses réalisées et prévient quand plusieurs clientes d’une même référence signalent un échauffement ou un décollement. Pour voir ce suivi appliqué à votre prochaine gamme, demandez une démonstration ou un devis depuis la page de contact d’Onglivia.

Suite du dossier

Regardons votre carnet de poses, vos gammes et vos lots

Dites nous combien de clientes vous recevez par semaine, quelles marques de gel et de vernis semi permanent vous utilisez et ce qui vous a fait chercher une méthode de traçabilité. La démonstration reprend l’une de vos poses réelles, ouvre la fiche ongle devant vous et montre ce qui en sortirait le jour d’une contestation.

Demander une démonstration d’Onglivia
Portrait de Jimenez Julien, auteur du Dossier de pose

Jimenez Julien

Auteur du Dossier de pose

Jimenez Julien a passé plusieurs mois auprès de prothésistes ongulaires indépendantes, à regarder ce qui se note pendant une pose et ce qu’il en reste trois mois plus tard, quand une cliente revient avec un décollement et une question. Il écrit chaque article de ce magazine à partir des textes français et européens applicables aux produits cosmétiques, et des situations rapportées par des techniciennes qui travaillent seules à leur table de pose.

Le parcours de Jimenez Julien et ce qu’il a relevé sur les tables de pose